Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /Mai /2009 12:34

Le deuil périnatal est déjà un tabou en soi. Lorsqu'une femme perd un embryon, un fœtus, lors d'une fausse couche, d'une grossesse extra utérine, d'une mort in utero passé le premier trimestre, très souvent, il lui faudra affronter cette épreuve seule ou avec le seul soutien de son compagnon. Rapidement, des phrases douloureuses seront dites par l'entourage: "Tu en referas un autre", "tu as déjà de beaux enfants", "cela arrive à toutes les femmes"...Ou pire "ce n'était qu'un tas de cellules".
Or, non, cet être porté dans ce ventre était déjà, une promesse de vie, l'équation d'un futur emplit d'amour et de joie. Ce n'était pas "juste un tas de cellules/un embryon", mais un être vivant investi de l'amour de ses parents.
Si déjà, une femme socialement en âge de procréer est niée dans son deuil, on peut imaginer sans mal, la négation de la douleur que peut subir une adolescente ayant fait une fausse couche, ou ayant subit une IVG sous la pression de l'entourage. Dans ce second cas, la culpabilité que peut ressentir une femme face à la perte de son bébé est à son paroxysme et l'adolescente peut facilement tomber dans une dépression sévère.
Lorsque la perte du bébé est le fait d'une fausse couche ou d'un décès in utero, la jeune fille -comme des femmes plus âgées- peut avoir la sensation d'être incapable de garder un bébé dans son ventre et se sentir responsable de sa perte.
Des personnes bien pensantes, que ce soit dans l'entourage de la jeune fille ou dans le milieu médical, peuvent être tentées de lui dire que "ce n'est pas un mal finalement", qu'elle était "bien trop jeune pour assumer un enfant" ou encore qu'elle en fera "un autre plus tard, en étant adulte". Ces personnes là devraient réfléchir à la douleur que provoquent ce genre de remarques, ainsi qu'à l'inutilité de celles ci...Sauf si le but, bien sûr, est de blesser plus profondément l'adolescente déjà en souffrance...

Il est vital d'accompagner psychologiquement et émotionnellement une femme traversant un deuil périnatal. Il doit être de même lorsqu'il s'agit d'une jeune fille. L'écoute, la compassion sont très importantes, ainsi que le fait de laisser la jeune fille parler de sa souffrance, des rêves qu'elle faisait pour ce bébé, de l'encourager à effectuer un rituel de deuil (écrire une lettre à son bébé, lui donner un prénom.) Une aide auprès d'un psychologue pourrait aussi être envisagée, surtout si l'adolescente, suite à une IVG, démontre une obsession à l'idée de retomber enceinte. Car cela arrive, et les motivations de la jeune fille n'ont rien de saines, ni pour elle, ni pour l'enfant qu'elle aimerait mettre en route.
Dans tous les cas, une vigilance s'impose afin de détecter une possible dépression, et quant à la bienveillance, elle est, plus que jamais de mise.

Vous trouverez des adresses d'associations sur le deuil périnatal dans la boîte à outils.
Si vous subissez un deuil périnatal et que vous ne savez pas avec qui en parler, n'hésitez pas à nous téléphoner.

Par Stéphanie Favreau - Publié dans : Vers plus de bienveillance
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /Mai /2009 14:09

Pour toutes les femmes, la venue d'un enfant est un véritable chamboulement, tant au niveau physique, physiologique, que psychique.
Tout le monde sait qu'une femme enceinte se transforme pendant ces neuf mois, et encore, après la grossesse. Souvent le corps ne sera plus jamais "comme avant". Même si la mère le sait parfaitement, le voir, le ressentir, le vivre peut être un gros choc. Certaines osent d'ailleurs parler de ce corps "qu'elles ne reconnaissent plus", qui est devenu tellement étranger...On passe du statut de femme à celui de mère, de celle qui donne la vie et parfois nourri son bébé. Certaines mamans allaitantes peuvent d'ailleurs avoir  l'impression de "n'être qu'un sein". Tout cela est perturbant. D'autant que l'imprégnation hormonale et ses  déferlantes successives d'hormones chamboulent tant le corps que l'esprit.
Quant au psychique, il est également mis à rude épreuve. La grossesse est le moment où les doutes, les craintes, les peurs, sont amplifiés, où le passé ressurgit. La future maman recherche sa nouvelle identité, doit faire le deuil de ce qu'elle était et de sa vie d'avant. Sa propre histoire est inconsciemment disséquée, analysée. Sa relation avec sa mère, les valeurs familiales, les secrets de famille, tout est insidieusement passé en revue. Lorsque le passé est chargé de douleurs, de blessures, de manque, cet afflux de souvenirs peut être très pénible à vivre et engendrer des anxiétés, des angoisses, lors de la grossesse, de l'accouchement, mais également du post partum.
Cette période peut donc être perturbante pour certaines femmes.
Il n'est, dans ce contexte, pas difficile d'imaginer combien une jeune fille, déjà aux prises aux changements et questionnements qu'entraînent la période charnière de l'adolescence, peut subir de stress et d'inquiétudes.

Il est primordial que ces futures mamans soient écoutées et accompagnées avec bienveillance.
Il s'agit là de l'une des clefs qui leur permettront de tisser un lien solide et affectif avec leur enfant.
Il est important de leur expliquer exactement le suivi de grossesse, les examens à effectuer, de les inciter à participer aux cours de préparation à l'accouchement, à s'informer et surtout, à être actrices et non pas spectatrices de leur grossesse/accouchement.
Toutes les femmes doivent avoir le choix de prendre des décisions de façons éclairées et non pas de subir sans savoir. Faire une préparation classique, ou choisir la sophrologie, le chant prénatal etc., avoir le choix de prendre ou non la péridurale et cela, sans se sentir obligée de l'un ou de l'autre, allaiter ou non son bébé...Bref, avoir le choix, PRENDRE le choix, se l'autoriser, pour devenir pleinement mère. Le faire parce que c'est ce que l'on ressent, parce que cela respecte nos convictions, et non pas parce qu'on nous l'impose.
Même à 16ans, une maman a le droit de s'informer, de choisir, et d'être respectée dans ses opinions.
Il est malheureusement encore trop courant de voir du personnel médical mépriser une adolescente enceinte ou venant d'accoucher. Le respect, la bienveillance, encore et toujours, pour que ces mamans comme les autres, puissent offrir en paix, le meilleur d'elle-même à leur bébé.

Par Stéphanie Favreau - Publié dans : Vers plus de bienveillance - Communauté : Futurs et jeunes parents
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Lundi 11 mai 2009 1 11 /05 /Mai /2009 04:49

L'une des premières questions que l'adolescente essuie, dès sa grossesse et parfois même dès années après la naissance de son enfant, est "Et le papa?". Sous entendu "est-il toujours là?".
Non seulement cette question peut être agaçante, mais la jeune maman n'a pas forcément envie d'étaler son histoire à chaque nouvelle personne qu'elle rencontre. Il est bien sûr, bien tentant de poser la question, mais on peut facilement s'auto recadrer en admettant qu'on ne la poserait pas à une maman plus âgée.
De nos jours, et particulièrement dans notre société, il est de plus en plus courant de rencontrer des mamans célibataires, divorcées, remariées, des familles recomposées et autres schémas familiaux. Dans ce contexte, pourquoi montrer tant de curiosité envers une maman plus jeune, peut être en couple avec le papa de son enfant, alors que sa voisine de quinze ans son aînée, est, la plupart du temps, au moins une fois divorcée?

La question récurrente qui vient souvent juste avant celle ci, pour le moins aussi contrariante et qui peut s'avérer blessante est la fameuse "C'est un accident?".
Beaucoup de jeunes filles désireuses d'avoir un enfant, programment effectivement des accidents de pilule, dans le but de ne pas avoir à se justifier outre mesure au regard des autres. Souvent également en pensant que ses proches, notamment ses parents, réagiront moins violemment à un "accident".
De ce fait il est courant de s'imaginer qu'une maman de dix sept ans ne pouvait faire sciemment un enfant.
Et si celle ci assume le choix d'être délibérément tombée enceinte, la populace ne se gêne pas pour lui faire savoir ce que l'on pense de ce geste et la jeune fille est vite reléguée au rang d'inconsciente immature. De même, s'il s'agit d'un "accident", la maman passe le plus souvent pour une écervelée incapable de prendre une contraception correctement ou pire, s'en fichant totalement.
En remettant les choses dans leur contexte, l'IVG chez les adolescentes ne représente que 3% du nombre total d'avortement chaque année en France...Qui peut donc jeter la première pierre?
Lorsqu'une mère mène une grossesse non programmée à terme, on parlera d'accident pour une adolescente, et de (bonne) surprise pour une femme plus âgée...Pourquoi ne pas faire preuve d'autant de délicatesse et de diplomatie à l'égard d'une mère adolescente? Ne pense t-on pas que des années après la naissance de son enfant, alors qu'elle l'aime et l'élève jour après jour, elle aimerait que l'on cesse de nommer un être si cher à ses yeux un "accident"?

Nous pourrions ainsi établir une liste, et encore, non exhaustive, de questions que l'on brûle de poser et que l'on devrait retenir. Lorsque nous rencontrons une personne, nous ne nous précipitons pas à lui poser des questions intimes sur sa vie et son parcours personnel. Pourquoi dans ce cas ne pas faire de même lorsque nous nous trouvons face à une toute jeune mère?
Souvent, lorsque notre chemin croise celui de personnes ayant fait d'autres choix de vie, nous tentons systématiquement de nous imaginer à sa place. Sauf que, lorsque nous le faisons, nous n'avons pas conscience que c'est avec notre histoire personnelle, notre propre passif, nos émotions, nos bagages. De ce fait, nous ne nous mettons pas à la place de l'autre, mais nous transposons notre histoire avec la situation de l'autre, ce qui est tout à fait différent, et mène à nous faire dire "Moi à ta place je n'aurais pas pu/ pas fait ça".
Oui, peut être. Mais en l'occurrence, nous ne sommes pas à la place de notre voisin, et nous devons admettre que chaque parcours est unique et respecter cette différence.
On peut, bien entendu, lorsque les relations se lient, se confier mutuellement. Dans le cas d'amitiés réelles, poser des questions sur l'autre ne fait plus parti du cadre de la curiosité parfois malsaine et relevant du voyeurisme.

Nous pouvons nous demander ce qui nous pousse à poser de telles questions, qui n'ont rien d'anodines. Est ce que cette personne, là, en face de nous, avec son bébé et ses choix de vie, nous renvoi inconsciemment à un sentiment de malaise?


Certaines personnes n'hésitent pas à faire preuve d'une incroyable agressivité envers les jeunes parents. Des propos d'une grande violence peuvent être dits comme peut le subir n'importe quelle personne issue d'une minorité. Beaucoup de jeunes mères souffrent donc, non seulement du regard d'autrui, de ses questions déplacées, mais aussi de ses violences.

Pourtant, la tolérance et le respect de l'autre et de ses différences, ne sont  pas les premières choses que l'on apprend à l'école?

Par Stéphanie Favreau - Publié dans : Vers plus de bienveillance - Communauté : (futures/anciennes)mamans ados
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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 23:17

Chaque année en France, dix mille mineures tombent enceintes. Quatre mille d’entre elles feront le choix de garder leur bébé.

Généralement mal vues dans notre société, bien souvent à cause de préjugés alimentés par les médias, ces jeunes mères ont pourtant besoin de soutien, d’écoute et de bienveillance. Malheureusement, peu de personnes se penchent réellement et humainement sur le sujet, peu osent sortir des stéréotypes ancrés dans nos mœurs et lever le tabou de la grossesse adolescente, autrement qu’à travers le blâme.

InfosParentsAdos, anciennement nommée ASJPA – Association de Soutien aux Jeunes Parents Adolescents- est la seule association en France à défendre les droits de ces tout jeunes parents, à les informer, à répondre à leurs questions, les soutenir et les accompagner sur le chemin de la parentalité.

Des groupes de paroles se mettent en place, une ligne téléphonique est à leur disposition, des rencontres sont organisées. Le projet d’ateliers massage et portage est étudié afin de renforcer le lien parent/enfant.

Il manque encore à l’association des professionnels de la santé, du domaine social et juridique.

Une grossesse, quelque soit l’âge des parents, est un évènement qui doit rester heureux et serein. Nous pensons qu’une maman soutenue et rassurée, aura toujours plus de chance de s’épanouir dans son nouveau rôle et que son enfant n’en sera que plus heureux.

Par Stéphanie Favreau - Publié dans : A propos d'I.P.A - Communauté : (futures/anciennes)mamans ados
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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 18:33
Souvent, l'association reçoit des appels télephoniques de journalistes à la recherche de parents adolescents pour témoigner lors d'émissions télévisées.
L'initiative pourrait être intéressante si ces mêmes émissions étaient réellement représentatives de ce qu'est être parent lorsqu'on a plus ou moins dix huit ans. Malheureusement, bien souvent, les stéréotypes s'enchainent et les seuls sujets abordés sont la présence ou non du père et la façon dont la jeune maman peut poursuivre ses hobbies d'adolescente...Ceci est bien loin de la réalité et des préoccupations quotidiennes d'une jeune mère.

Nous avons donc à regretter le fait que ce sujet ne soit jamais réellement traité, ni en fond, ni en forme, et qu'il en résulte bien souvent des idées fausses et nombre de mythes persistants, mais également le fait que la plupart des journalistes nous contactant ne se préoccupent pas du tout des buts de l'association.

Il est assez contrariant d'être contacté uniquement en qualité d'annuaire susceptible de fournir à des émissions de ce type des mamans mineures. Ca l'est d'autant plus lorsque la personne nous contactant est persuadée que nous servons à cela.

Il est évident que nous sommes pour un partenariat médiatique, mais pas au détriment de notre temps consacré à des personnes qui en ont réellement besoin. Pas si le service ne va que dans un seul sens et qu'en retour, nous ne recevons pas même le droit de voir nos coordonnées diffusées.

Nous demanderons donc aux journalistes qui désirent nous contacter de ne pas le faire dans le seul but d'en tirer profit pour leurs recherches de témoignages.
Nous sommes, évidemment, disponibles pour discuter de la situation réelle de la maternité adolescente en France et de ce que notre association peut apporter.

Nous espérons que nous pourrons travailler ensemble dans un réel esprit d'informations.

Par Stéphanie Favreau - Publié dans : Médias
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