Quand sa fille de seize ans vient nous apprendre sa grossesse ou que nous la découvrons,
cela peut être un choc et nous pouvons avoir une réaction violente. Beaucoup de parents culpabilisent, pensent ne pas avoir réussi dans leur rôle parental et parfois se demandent ce qu'ils ont
"bien pu faire pour mériter ça".
Madame, Monsieur, dans la majorité des cas, votre fille n'est pas enceinte pour vous faire payer quelque chose, ou pour ruiner vos espoirs et vos rêves.
Si c'est elle qui vous l'annonce, elle est certainement mal à l'aise et craint votre réaction, à juste titre.
Que faire alors?
Déjà, vous donner le temps de digérer, vous en avez le droit.
Ensuite, discuter avec votre fille. La suite ne sera évidemment pas la même qu'elle souhaite garder cet enfant ou avorter.
Vous pouvez bien sûr, lui donner votre opinion, mais en aucun cas la forcer à garder ou avorter . En France, on ne peut pas obliger, même une mineure, à subir un avortement.
Si votre fille vous fait part du désir de garder cet enfant, déterminez si le bébé était un accident...ou provoqué.Dans ce deuxième cas, il est important de chercher à comprendre ce qui a poussé
votre adolescente à franchir le pas. C'est rarement anodin. Et das certains cas, un suivi psychologique peut être necessaire.
Si votre fille désire garder son bébé, vous devez vous poser certaines questions et être honnête envers elle mais surtout envers vous même. Beaucoup de parents de mamans ados s'infligent la
cohabitation et finissent par en souffrir. Les futures grands parents pensent que soutenir leur fille c'est lui laisser élever son enfant chez eux. Vous avez le droit de ne pas choisir cette
option. Sans, bien sûr, mettre votre fille à la rue, vous pouvez chercher avec elle , le meilleur moyen de la rendre indépendante et autonome. C'est important dans la construction de son rôle de
future mère et d'adulte, mais également pour que chacun puisse trouver sa place. N'hésitez pas à contacter une assistante sociale qui saura vous guider au mieux et vous apporter des solutions
appropriées pour que votre fille puisse avoir un logement. Encore une fois, cette étape est importante.
Il est possible que vous ayez une maison assez grande pour que votre fille puisse avoir "ses appartements". Dans ce cas, l'autonomiser consistera à lui faire payer un loyer symbolique et la faire
participer activement aux tâches ménagères (lui laisser le soin par exemple de faire elle même ses lessives). Je reviendrais plus tard, dans un autre article, sur la cohabitation et les règles à
respecter pour éviter les clashs.
Savoir qui est le géniteur de l'enfant est primordial, le rencontrer, rencontrer ses parents s'il est mineur ou vit encore chez eux. Ne pas hésiter à lui faire savoir que cet enfant est arrivé
par l'acte de deux personnes et qu'il est directement concerné mais aussi, responsable de ce bébé. Il arrive souvent que les parents du futur papa réagissent beaucoup plus mal que ceux de la
future maman et ils peuvent parfois inciter leur fils à fuir ses responsabilités. Or, en France, une mère peut demander à la justice la reconnaissance de paternité. Il peut être judicieux, de le
rappeler au papa comme aux futurs grands parents paternels...
La première démarche à faire, quelle que soit la décision de l'adolescente, est de prendre un rendez vous en urgence chez un gynecologue, afin de déterminer l'âge de la grossesse, pour, si la
jeune fille désire garder l'enfant, mettre en place rapidement le suivi médical et, dans le cadre ou l'avortement est l'option choisie, de décider avec le medecin, selon l'âge de la grossesse, le
meilleur moyen de pratiquer l'avortement, qui peut être médicamenteux jusqu'à 7sa, ou au delà, chirurgical.
Il est important de soutenir l'adolescente même en cas d'avortement. De la laisser exprimer sa douleur, d'accepter le fait qu'elle ait un deuil à effectuer. Respecter sa souffrance, lui tendre
une oreille attentive et bienveillante et ne pas hésiter à l'emmener consulter un psychlogue.
De même l'annonce de cette grossesse, peu importe l'issue, peut vous plonger dans des émotions fortes et difficiles à gérer. N'hésitez pas, égalemnt, si vous en ressentez le besoin, à consulter
quelqu'un, afin de vous "décharger".
Peu de grands parents le font. Les professionnels oublient souvent de prendre en considération le ressenti profond et le malaise des parents de parents adolescents.
C'est un tort.
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